Seat Leon ST Cupra
Écrit par Cédric C   
Lundi, 15 Janvier 2018 16:01

Pourquoi choisir entre performance, style et polyvalence ? Évolutions et essai !

 

 

 

 

Le facelift de la Leon ST Cupra  à l’automne 2016 apporte son lot d’évolutions : de nouveaux équipements, un moteur revu et surtout une transmission intégrale associée obligatoirement à la une boite automatique DSG6. Nous avons pris le volant du modèle de série le puissant de la marque espagnole pour découvrir ce que vaut cette nouvelle configuration.

 

Ce qui change coté mécanique.

La Leon ST Cupra 4Drive reprend le moteur 2.0 TSI (EA888) des versions précédentes (265, 280 et 290). Maintenant, il délivre officiellement chez Seat 300 ch. et gagne 30Nm de couple. Je dis officiellement car certaines 280 et 290 offrent de belles surprises sur les bancs de puissance. Pour être honnête l’augmentation du couple de cette version ne saute pas vraiment aux yeux. Un ressenti sans doute dû aux 150kg qui séparent la SC 290, que nous avions essayé en 2016, de notre modèle. En outre, le caractère moteur demeure inchangé : la poussée est toujours linéaire jusqu’au rupteur et ne donne jamais l’impression de s’essouffler. Dommage que l’ambiance sonore ne soit pas assurée par un échappement à volet acoustique ou carrément une ligne Akrapovic en option comme sur la Golf R SW. De plus, sur la carrosserie ST, on n’a pas droit aux déflagrations (farts) à la montée des rapports et les crépitements au lâché de gaz sont plus feutrés que sur la SC ou la 5 portes.

Néanmoins, ce qui frappe, c’est le niveau d’adhérence autant sur sol sec que mouillé. Et c’est précisément sur ce terrain que la Leon ST Cupra 4Drive fait la différence. Sur notre version SC 290 chaussée en ContiSportContact, nous avions relevé des pertes d’adhérences sur les premiers rapports à pleine charge. Ici, les Pirelli P-Zero offre un grip redoutable notamment lors de fortes accélérations. Pas la moindre amorce de patinage ! Grâce à la transmission intégrale 4Drive (Haldex 5), la Leon ST Cupra est capable d’abattre le 0-100km/h en 4.9 secondes, soit 1 petit dixième derrière la Golf R SW mais près d’une seconde de mieux que sa version 2 roues motrices, en boîte manuelle. La gestion de la motricité entre l’essieu avant et arrière est tellement efficace qu’on ne regrette pas du tout l’absence de blocage de différentiel mécanique à régulation électronique (VAQ) qui équipe les versions 2 roues motrices. Ici, le blocage de différentiel est totalement électronique. La Leon ST Cupra 4Drive s’en remet à l’action du système EDS qui freine la roue qui patine et reporte la force motrice sur l’autre roue motrice ainsi qu’au XDS qui y ajoute un freinage ciblé des roues intérieures en courbe. Le système XDS s’applique ici à la fois aux trains avant et arrière. Par ailleurs, l’entrée en action de ces systèmes se fait en totale transparence.

 

Comme sur un rail.

Et dans les faits, c’est plutôt convaincant. En sortie de virage ou de rond-point, on peut mettre le pied au plancher sans craindre un allongement de la trajectoire. L’action de la transmission intégrale couplée aux aides électroniques assure une motricité sans faille et résorbe tout sous-virage. La direction à pas variable dite « progressive » est précise et confère à l’auto une maniabilité appréciable. Malgré ses 1545kg, notre Leon ST Cupra fait preuve d’une belle agilité dans les enchaînements de virages de la vallée de Chevreuse. Calé dans les confortables sièges baquets, on oublierait même qu’on est au volant d’un break tant les mouvements de caisse sont maîtrisés avec brio et ce, dès le mode sport. Le freinage n’a montré aucun signe de faiblesse mais on aurait aimé que l’attaque de la pédale soit plus consistante en mode Sport ou Cupra.

Par contre, ceux qui sont à la recherche d’un comportement routier « démonstratif » la trouveront un peu sage : son châssis se veut plus rassurant que joueur. Même sur sol gras ou humide, le train arrière est soudé à la route. Il faut vraiment provoquer volontairement un décrochage pour qu’il dérive un peu, et même dans ce cas, un simple contre-braquage suffit à le remettre à sa place. Autant dire que dans la majorité des cas, le comportement de l’auto sera sain. Cette Leon ST Cupra 4Drive est donc très efficace et toujours facile à maîtriser, quelles que soient les conditions météorologiques.

 

Symbiose moteur/boîte DSG.

La boîte automatique à double embrayage DSG à 6 rapports contribue beaucoup à l’agrément de conduite. Elle très réactive et rapide. Véritable alliée en ville, en mode drive (D), elle permet d’apprivoiser le moteur par sa douceur. Elle intègre même une fonction «roue libre» si l’on sélectionne le paramètre Éco en mode individual, et là, on décélère dans un silence de cathédrale. À contrario, son mode sport (S) lui impose de passer les rapports à des régimes bien plus élevés sans même que la pédale n’atteigne le dispositif kick-down. Un programme intermédiaire aurait été un bon compromis. Autre particularité de la DSG en mode sport : on sent vraiment la rupture de poussée dès que l’on relâche les gaz à hauts régimes. On se retrouve alors littéralement projeté vers l’avant ! Aussi, la boite nous gratifie d’un petit coup de gaz à la descente des rapports pour imiter le talon-pointe. Ça fait son petit effet… Grisant ! Enfin, même si le rapport performances/consommation est favorable, un 7e rapport n’aurait pas été de trop pour cruiser sur autoroute sous les 3000 tr/min.

 

Un maître mot : la polyvalence.

Le plus gros atout de la Leon ST Cupra 4Drive est son SEAT Drive profile. Toute la polyvalence de cette auto repose sur sa capacité à proposer des profils de conduites nettement différents les uns des autres. La suspension pilotée DCC étant la pièce maitresse du dispositif. Bien évidemment, il ne faut pas s’attendre à des miracles : les ressorts plus courts, les jantes de 19 pouces et les pneus à faible hauteur de flancs ne permettent pas de filtrer toutes les imperfections de la route comme les raccords, bandes rugueuses ou autres nid de poule. Toutefois, les bosses ou creux sont parfaitement digérés en mode confort. Pour ma part, la Leon ST Cupra, est une auto à 2 visages : on a soit une voiture policée en mode confort grâce à son moteur civilisé (très souple dès les plus bas régimes), ses suspensions adoucies, ses commandes raffinées, bref une voiture confortable pour la vie de tous les jours. Soit une voiture sportive en mode Sport et Cupra dans lesquels les lettres Cupra (Cup Racing) prennent tout leur sens.

 

Un coup d’œil sur la jauge.

Le plein de carburant de la Leon ST Cupra 4Drive n’est pas donné ! En effet, son moteur ne se contente pas de boire de l’essence ordinaire : il ne goûte qu’au SP98. Au terme de notre essai, la moyenne longue durée s’est élevée à 10,4 l/100 km. Sur un trajet extra-urbain impossible de descendre sous la barre des 8.3L en mode normal. En ville, on tourne aux alentours des 10 l/100 km. Malgré sa prédisposition annoncée à la traction, il faut croire que l’abondance du couple incite davantage à solliciter les roues arrière. Cela dit, le rapport performances/consommation est plus que satisfaisant.

 

Ce qu’il faut retenir.

Avec la transmission intégrale 4Drive, c’est sport en tout temps ! Le 4Drive est un équipement qui offre de la sérénité notamment lorsque les conditions météo ou le terrain se dégradent. De plus, il facilite la prise en main de l’auto qui devient encore plus accessible et permet à son conducteur de se faire plaisir en toute sécurité. En toutes circonstances, la transmission intégrale 4Drive permet des relances franches avec des pertes de motricité bien moindres qu’avec la version 2 roues motrices que nous avions testé. Cette Leon ST Cupra 4Drive est redoutable d’efficacité et brille par sa polyvalence : à la fois une excellente sportive et un parfait daily.

Autre atout : son ticket d’entrée ! Même si le prix est élevé dans l’absolu (40575€), la Leon ST Cupra 4Drive constitue l’offre la moins chère au sein du cercle très fermé des breaks compacts sportifs à 4 roues motrices de 300 ch. et plus. C’est 7000€ de moins que la GOLF R SW 4Motion à laquelle elle emprunte tous les organes mécaniques. À vous de choisir entre la notoriété du badge VW ou le rapport prix/performance de la SEAT. Si votre budget est un peu serré, n’oubliez pas, la Skoda Octavia Combi 2.0 TSI 245 DSG7 RS : 37 790€. Alternative intéressante reprenant également la majorité des organes mécaniques pour un tarif inférieur mais dépourvue de traction intégrale. On ne peut pas tout avoir !

 

Les + :

Performances de haut vol

Duo moteur/boîte DSG

Prise en main facile

Excellente motricité

Confort d’utilisation au quotidien

 

Les – :

Sonorité échappement trop discrète 

 

À partir de 40575€ – prix du modèle essayé : 44085€