Du grand monospace au SUV familial
Écrit par Cédric C   
Jeudi, 19 Juin 2014 07:41

Très apprécié des familles nombreuses pour ces multiples atouts (sept vraies places, volume de coffre, modularité…), le grand monospace n'a plus la cote aujourd’hui.

Les nouvelles tendances, les contraintes environnementales, le marché automobile européen atone et la quête perpétuelle à la rentabilité poussent les constructeurs à quitter ce segment en perte de vitesse pour d’autres segments en plein essor.

 


Le contexte et la cause

En 2013, plus d’une voiture neuve sur deux vendue en France est une citadine (55 % contre 43 % en moyenne en Europe) et le segment est le seul avec celui des SUV compacts et petits Crossovers (22 % des volumes) à progresser. Délaissé par les familles, le segment des grands monospaces s’effondre. Et pour cause, cette catégorie de véhicule cumule un certain nombre de points en sa défaveur parmi lesquels : un prix de vente élevé (de 33 290€ à 48 900€), des motorisations fortement taxées (malus de 250€ à 8 000€), des consommations élevées, un gabarit encombrant et un design trop ordinaire..

 


La solution

Pour faire face au désintérêt des automobilistes pour les carrosseries mono-volumes, les constructeurs adaptent leur offre. Après les Crossovers (urbains) et les SUV compacts, c'est au tour des SUV familiaux de faire leur apparition. Si face à la déferlante SUV certaines marques ont carrément stoppé la production de leurs grands monospaces (Peugeot 807, Citroën C8) pour se recentrer sur d’autres segments, d’autres ont tout simplement remplacé leurs grands monospaces par des SUV familiaux sept places. C’est le cas de Hyundai avec son Santa Fe ou de Kia avec son prochain Sorento. Nissan, précurseur du genre, voit les choses en grand puisqu’en plus du Juke et de son best-seller Quashqai, un troisième SUV complétera la gamme : le X-trail. Il sera, lui aussi, capable d’embarquer sept passagers. Chez Volkswagen, le futur Tiguan sera décliné en trois carrosseries (cinq portes, XL et coupé). Entre la nouvelle génération de Touran qui pourrait être décliné en deux versions (cinq places et châssis long) et le prochain Tiguan XL pouvant accueillir jusqu’à sept personnes, la nouvelle orientation de la marque semblent laisser peu de place à un grand monospace dans la gamme (risque de cannibalisation).

 


Conséquence pour Seat

La présence de Seat sur le segment des grands monospaces (depuis plus de 15 ans) est étroitement liée à celle de Volkswagen puisque le duo Sharan/Alhambra a toujours partagé la même plateforme.
La fin de production du duo Sharan/Alhambra est annoncée pour 2016 à cause de faibles ventes (environ 40 000 pour le Sharan contre 19 841 pour l’Alhambra en 2013). Par ailleurs, le groupe Volkswagen a investi 678 millions d’euros pour moderniser son usine Autoeuropa (Portugal) afin de produire de nouveaux modèles. Actuellement, les quatre véhicules assemblés dans cette usine reposent sur les anciennes plateformes PQ35 (Eos et Sirocco) et PQ46 (Sharan et Alhambra). Il y a donc fort à parier que cet investissement vise à adapter l’outil de production afin d’intégrer la plateforme MQB.
Alexandre Lacombe, directeur général de Seat France, annonce qu’il y aura bien un SUV Seat en 2016, car le segment des monospaces et des grands monospaces est moins porteur. En filigrane de ces propos, nous supposons que l’arrivée d’un tel véhicule chez Seat permettrait le remplacement de quatre modèles : Altéa, Altéa XL, Altéa Freetrack et Alhambra.

 

 

L’Alhambra est-il voué à une fin de production en 2016 au profit du nouveau SUV de la marque ? Si c'est le cas, il n’y a plus qu’à espérer que ce qu'il gagnera en style, comportement et performance ne soit pas perdu en confort, habitabilité et modularité.